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Campagne de fouilles archéologiques sur le site du Passage de la Bérézina [ ru ]

En septembre 2012, une campagne de fouilles archéologiques sera organisée sur le site du passage de la Bérézina par l’armée de Napoléon. Ce projet franco-biélorusse s’inscrit dans le cadre d’une collaboration entre l’Académie des Sciences de Biélorussie, le Centre d’Etudes Napoléoniennes (CEN), avec la participation de l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP), avec le soutien de l’Ambassade de France en Biélorussie. Une souscription est lancée pour assurer son financement

L’épisode du franchissement de la Bérézina par l’armée napoléonienne au cours de l’automne 1812 a été un événement particulièrement meurtrier de la retraite de Russie. Des estimations portent à près de 40 000 le nombre de victimes civiles et militaires parmi les belligérants des deux cotés et les populations locales. Enfouis à la hâte en février - mars 1813, très peu de corps ou d’objets ont été retrouvés à ce jour. En effet, le site de la Bérézina, perdu aux confins des plaines biélorusses, est resté à l’écart de l’urbanisation et subsiste pratiquement tel qu’en 1812. La localisation exacte des ponts construits par les soldats du général Eblé, elle-même, est tombée dans l’oubli.

Aujourd’hui, ce site est menacé : les moyens sans cesse plus performants utilisés par les chercheurs de trésors font des dégâts irréversibles et à moyen terme, la fascination qu’exerce ce lieu mythique stimulera le développement d’infrastructures touristiques, risquant de bouleverser irrémédiablement ce site. Il y a désormais urgence à identifier les derniers vestiges du passage de la Bérézina. Il y a urgence à localiser les trop fameux ponts et à retrouver les fosses où ces soldats français, russes, mais également polonais, biélorusses, suisses, allemands, hollandais, belges, croates ont été ensevelis, afin d’en préserver les restes et rendre l’hommage qui s’impose à ces combattants. Vue de la Bérézina depuis le monument

A cette fin, un projet Franco-Biélorusse est lancé pour la réalisation de fouilles archéologiques sur le site du passage de la Bérézina. Il fait l’objet d’un partenariat entre l’Institut d’Histoire de l’Académie des Sciences de la Biélorussie et le Centre d’Etudes Napoléoniennes (CEN), avec la participation de l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP), pour lequel une convention cadre a été signée en novembre 2010.

La société grenobloise ARC Nucleart s’associe au projet en y apportant son expertise sur les questions relatives à la conservation des vestiges archéologiques organiques. Il est également soutenu par l’Ambassade de France en Biélorussie, dans le cadre du bicentenaire du passage de la Bérézina.

Le financement de l’opération est assuré en partie par la générosité des particuliers et entreprises (souscription organisée par le Centre d’Etudes Napoléoniennes). Photo du monument. Cliché J. Beaucour/CEN novembre 2007

Ce projet n’aurait pu voir le jour sans les travaux menés par le professeur Fernand Beaucour, président fondateur du CEN, décédé en 2005, qui a œuvré à la collaboration scientifique entre historiens biélorusses et européens sur la période de la Révolution et de l’Empire, et qui a réalisé le seul monument Français sur la rive droite de la Bérézina inauguré en 1997.

Opérations de septembre 2012

Les objectifs de l’opération sont essentiellement cartographiques. Ils visent, d’une manière générale, à la détection, à l’identification et la localisation de tous vestiges se rapportant aux évènements de 1812. Les recherches porteront néanmoins sur deux points précis : la localisation des fosses communes, où les milliers de victimes ont été ensevelies après les combats au printemps 1813, et la localisation des ponts, dont des traces pourraient subsister malgré les remaniements effectués sur le site aux XIXe et XXe siècles. INRAP/ Fréderic LEMAIRE, matériel utilisé par les archéologues de l’INRAP dans leurs interventions courantes de diagnostic en milieu rural.

Les fouilles seront réalisées dans le cadre de la collaboration scientifique entre l’Académie des Sciences de Biélorussie, le CEN et l’INRAP. Elles dureront environ trois semaines, en septembre 2012, période où l’assèchement du marais est habituellement le plus important. ETUDES NAPOLEONIENNES volume 42, tome V - 2008, LEVALLOIS, article "Etude du site du passage de la Bérézina par l’Armée de Napoléon" Jerome Beaucour, page 224

Les travaux seront réalisés par des archéologues de l’Institut d’Histoire de l’Académie des Sciences de Biélorussie, avec les moyens techniques fournis par ce dernier. Des archéologues français de l’INRAP et des membres du CEN collaboreront à ces fouilles, intervenant sous la direction de l’archéologue Frédéric Lemaire et de Jérôme Beaucour. L’expertise pour la préservation des vestiges archéologiques organiques sera réalisée sur le site par la société ARC Nucleart, spécialiste mondial dans le domaine.

Les directeurs du projet sont : Jérôme Beaucour (CEN), Igor Groutso (CEN, professeur de l’Université d’État Maxim Tank de Minsk) et Frédéric Lemaire (INRAP)

Plus d’information : http://www.facebook.com/Berezina2012.fr

©Jérôme Beaucour, mai 2012 Centre d’Etudes Napoléoniennes Contact : beaucour@ill.fr


publié le 09.08.2012

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